vendredi 15 octobre 2010

Abracad'Argent : les ennemis du budget / Le crédit permanent

[10-01-2010] Les ennemis du Budget : 1. Le crédit Permanent (article rapatrié depuis Overblog).

Le budget établi, on n'est pas encore sorti de l'auberge. Ce serait trop beau, tous ces gentils chiffres sagement parqués dans leurs petites cases comme des moutons blancs. Le hic, c'est qu'il y a toujours un vilain méchant loup qui rôde à la recherche d'un bon casse-croûte !

Le budget, comme un petit agneau, a des ennemis naturels et redoutables. Mieux vaut les connaître avant de mettre les opérations en pilote automatique. Sinon à quoi ça servirait de faire autant d'efforts ?

Passons au premier croque-budget, une sale bête nommée « crédit permanent » (ou « revolving credit », en anglais).

« Oh ? C'est pas permanent, un crédit ?! »  que vous allez demander naïvement. Ben non, à la base un crédit ce n'est pas permanent. C'est même le principe de base d'un crédit, en fait -> les sous qu'on reçoit en prêt, c'est toujours pour une période limitée dans le temps. Ça, évidemment, c'était avant. Et avant, c'était quand même vachement mieux que maintenant, si vous voulez mon avis.

Un jour, un financier tordu et très malin a eu une idée lumineuse : « Et pourquoi ne pas prêter de l'argent qui n'existe pas ? Comme ça, j'encaisse les intérêts même si je n'ai pas un rond dans ma tire-lire pour prêter à mes clients. » Et voilà notre grand fada qui met son idée lumineuse à exécution. Au lieu de prêter des sous en vrai, il prête des cartes en plastique à des gens qui passent et il leur dit : « Allez-y, les gars, dépensez ! Vous paierez avec la carte. Pas besoin de me rendre le pognon, je me contenterai de la petite monnaie* ». *Et  d'un TAEG variable. Les gens se disent : « Ben mince ! Trop chouette le système : je peux rembourser que ce que je veux, quand est-ce que je veux ! » Mais ce qu'ils ne comprennent pas, les gens, c'est qu'ils viennent d'inviter la Peste Bubonique dans leur budget. Parce que la carte en plastique, en fait, c'est une dette déguisée en carte. Et les dettes, je l'ai déjà dit, c'est de la gangrène budgétaire.

Que je vous explique comment ça marche vraiment. Et pourquoi c'est vraiment très dangereux (genre virus Ebola).

Le crédit permanent, c'est en réalité une « ouverture de crédit » permanente. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on crée une case « dette ouverte » dans son budget. En soi, ce ne serait pas trop grave si on savait pour combien de temps et d'argent on en va en avoir. Mais c'est là que l'ouverture de crédit est mortelle : il n'y a aucun délai de précisé dans le contrat. Pour le montant, c'est très simple : le contrat se contente de prévoir un maximum (la réserve). L'ouverture de crédit reste donc ouverte pour toujours. C'est une dette immortelle.

Or tout le temps que la dette est en vie (c'est-à-dire tout le temps qu'on utilise son ouverture de crédit), elle fait des petits. Et ces petits, ils sont vraiment tout petits. Si petits qu'il faut en général un microscope pour les voir !!! Les petits, ce sont les intérêts et on les appelle T.A.E.G.

« T.A. euh... QUOI ? » , que vous allez couiner.  T.A.E.G., à savoir Taux Annuel Effectif Global. « Taux... HEING ?! » , que vous répondrez. Minute, j'explique.

Taux annuel = le pourcentage d'intérêts qu'on doit payer par an pour avoir emprunté les sous. Comme son nom ne l'indique pas, ce pourcentage annuel doit être remboursé chaque mois. C'est donc une somme d'argent qui s'ajoute tous les mois au trou de la dette déjà existante.

Effectif = qui correspond à quelque chose de réel, de stable. Normalement, le taux d'intérêt devrait toujours être calculé de la même façon. Mais les calculs utilisés sont tellement compliqués qu'en réalité ça change tout le temps. Ça change d'autant plus souvent que le taux d'intérêt n'arrête pas de changer lui aussi.

Global = qui comprend tout (c'est-à-dire, tous les frais). Théoriquement, les seuls frais liés à une ouverture de crédit permanente devraient être compris dans le T.A.E.G. Dans la réalité, beaucoup de contrats comportent encore des frais d'assurance, des frais pour la carte, des frais de dépassement de la limite de crédit, etc. Donc, c'est une grosse arnaque.

Je prends un exemple pour bien me faire comprendre.

Une jeune femme de 27 ans a demandé une carte Visa à sa banque pour ne pas devoir prendre d'euro-chèques en vacances. En plus de la carte, le banquier a proposé un contrat de « revolving credit » car « en cas de grosse dépense imprévue, vous n'aurez pas besoin de rembourser tout à Visa à la fin du mois. Vous mettrez un petit peu tous les mois, ce qui est beaucoup plus facile », qu'il a dit comme ça, le banquier.

La jeune femme sort de la banque toute contente et elle part en vacances. Avec le soleil et la chaleur, elle se dit : « Ah ! Vacances ! J'oublie tout... » De retour à la maison, l'atterrissage est un peu brutal. Le relevé de la carte Visa dit : 1.900 €. C'est deux fois plus que le budget vacances qui avait été prévu. Évidemment, il y a eu les soldes en juillet et vu les prix, la jeune femme a fait de très belles affaires. Seulement maintenant,  il faut rembourser. Mais comment ? La jeune femme se dit que ce n'est pas grave : il y a le « revolving credit ». Elle paiera tout ça en trois ou quatre fois et ça ira très bien.

Mais en octobre, pas de chance : la voiture tombe en panne. C'est la boîte de vitesse : 1.600 €. La jeune femme - qui avait remboursé 3 x 100 € depuis juillet - se retrouve avec une dette de 3.200 €. Novembre passe et les fêtes arrivent. Puisque la dette n'est pas trop difficile à rembourser (honnêtement, 100 € par mois, ce n'est pas grand-chose), la jeune femme achète quelques petites folies pour mettre au pied du sapin et elle s'offre une belle robe longue pour le Réveillon.

En février, la limite du crédit (3.500 €) est largement dépassée. 900 € dépensés en janvier, ajoutés aux 3.000 € toujours dus en décembre, ça fait 3.900 €. Et là, ce n'est plus 100 € qu'elle doit payer, c'est 350 €, plus 30 € d'intérêts et 12,50 € de prime d'assurance « solde restant dû ». Total : 392,5 €. Qui aurait pu prévoir ça en juillet ?!

Mais il y a bien pire. Si le taux d'intérêt n'arrête pas de changer, le pourcentage qui sert à calculer la mensualité automatique, lui, est fixe. Kézako ?

En fait, dans le contrat, il a été décidé que la jeune femme devait rembourser au minimum 5 % de sa dette. Ce qui veut dire qu'au fur et à mesure qu'elle rembourse, la mensualité automatique diminue ! Dans notre exemple : 195 € le premier mois, puis 187 €, puis 179 €, etc.

« Ben où est le problème ? »  que vous allez demander. Le problème, c'est que c'est un système totalement débile dans son cas. D'abord parce que ça va lui prendre un temps fou de rembourser sa dette, si elle ne paie pas plus que la mensualité automatique. Ensuite parce que ça rend le remboursement de sa dette IMPOSSIBLE si elle continue de dépenser. Mais pour la banque, ce n'est pas débile DU TOUT. Parce que pendant ce temps, les intérêts, eux, ils continuent de courir... Et si le taux d'intérêt augmente subitement, je vous raconte pas le cauchemar.

Je n'irai pas plus loin pour l'instant. On reparlera du « revolving credit » dans la série d'articles sur le surendettement. Pour le moment, il faut juste retenir le seul point positif d'un crédit permanent : c'est quand on le supprime. Sur son blogue finir-riche, Val (une française qui vit à Montréal) explique comment ça se passe au Canada. Comme pour la France, des lois sont en train d'être passées pour protéger le consommateur. En Belgique, comme d'habitude, on se préoccupe davantage de problèmes qui n'en sont pas. Aucun projet de loi à l'horizon pour l'instant chez nous. Il faudra se débrouiller seul pour s'en sortir...

On peut passer à l'ennemi budgétaire n° 2 : « le découvert bancaire ».

Wonder Lisette.

Abracad'Argent : gérer son budget / Les 5 règles d'or

[07-01-2010] : Article Gérer son budget - Les 5 Règles d'Or (Rapatrié depuis Overblog)
 
On a fait du bon boulot jusqu'à maintenant. On a préparé son budget. On a créé les catégories de dépenses et les catégories de recettes. On a été rechercher les bons chiffres et on a mis en place son budget dans les règles de l'art. C'est déjà pas mal du tout.

Mais en général, quand on essaye de faire son budget, c'est qu'on n'a pas assez d'argent pour finir le mois

Il est très probable qu'avec les chiffres sous les yeux, on se dise : « oula ! Pas assez de sous !!! ».  Constater l'étendue des dégâts, c'est une chose. Faire en sorte d'en sortir - et de ne plus jamais y retomber - c'en est une autre. C'est assez simple, mais c'est loin d'être facile.

Alors bon, y a pas 36 manières de sortir du trou. En fait, il n'y en a qu'une : faire de gros efforts

« C'est pas une bonne nouvelle, ça ! » , que vous allez couiner. Ben oui et non. Comme on dit toujours : « il n'y a que le premier pas qui coûte ». C'est particulièrement vrai pour les sous. Les efforts, ce sera très dur au début - et de moins en moins avec le temps qui passe. D'abord, parce qu'on s'y habitue assez vite. Ensuite, parce qu'on progresse et qu'on élimine les problèmes au fur et à mesure. Et pour finir parce que la pression qui diminue petit à petit laisse de la place pour la vraie vie (celle qu'on vit pour soi et non pas pour les sous).

Donc, les recettes et les dépenses. La plupart des gens se disent, très logiquement, que si « total des recettes » (ce qui rentre) moins « total des dépenses » (ce qui sort) = zéro, alors tout va bien. Mais rien n'est plus faux. On doit obligatoirement respecter certaines règles en matière de dépenses et de recettes. Voici « les cinq règles d'or du budget » - selon moi.

1. On ne doit pas tout dépenser

Cette règle est toute simple : pas besoin de grandes explications. Garder une partie de ce qu'on gagne pour l'épargne et le fonds « c'est vraiment trop injuste » est une priorité absolue. Si on ne fait pas ça, c'est un peu comme si on sautait en parachute... mais sans le parachute. Pas besoin de faire un dessin pour l'atterrissage, je suppose !

2. On ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens

L'erreur que beaucoup de gens font, c'est de calculer leur niveau de vie en fonction de la catégorie « dépenses fixes ». Mais ce qui compte ce n'est pas ce qui sort; c'est ce qui rentre ! Il faut donc partir de ce qu'on a dans la catégorie « recettes professionnelles fixes » pour calculer la somme maximum qu'on peut mettre dans la catégorie « dépenses fixes ». Un exemple.

Prenons une dame de quarante ans, divorcée et vivant seule. Dans la catégorie « dépenses fixes », cette dame paie chaque mois 1.500 € : maison, voiture, assurances, nourriture et soins de santé. Le salaire de cette dame est de 1.350 € nets par mois. Ses recettes complémentaires sont d'à peu près 150 € par mois. On pourrait se dire : « c'est tout juste, mais ça passe ». Mais en fait, c'est tout à fait faux.

Le bon calcul se fait en deux temps.

Tout d'abord on enlève 10 % de 1.350 € pour l'épargne. Il reste 1.215 €.

Ensuite, on enlève 30 % de 1.215 € pour les dépenses planifiées, le discrétionnaire et les dépenses exceptionnelles. Il reste 850  €. Ces 850 €, c'est le maximum disponible pour la catégorie « dépenses fixes ».
En schématisant, ça donne :

Recettes professionnelles fixes = 1.350 € = 100 %

Répartition des recettes professionnelles fixes par catégories de dépenses :

 
10 % de 100 % 30 % de 90 % 70 % de 90 % TOTAL -> 100 %
Dépenses d'épargne Dépenses planifiées Dépenses fixes  
  Dépenses discrétionnaires    
  Dépenses exceptionnelles    
       
= 135 € = 365 € = 850 € = 1.350 €


Dans notre exemple, la dame vit à plus de 40 % au-dessus de ses moyens. Les 150 € de recettes complémentaires peuvent uniquement servir à l'épargne ou à monter un fond d'urgence. Au plus petit changement de sa situation, au plus minuscule imprévu, la dame plonge dans le rouge. Puisqu'elle dépense tout ce qu'elle gagne (1.500 € de recettes moins 1.500 € de dépenses = zéro), il est quasiment impossible pour elle de mettre un sou de côté. En cas de pépin, elle ne peut jamais rembourser sa dette. Elle entre donc rapidement dans une spirale qui l'entraîne à rompre la troisième règle du bon budget :

3. On ne doit JAMAIS JAMAIS JAMAIS vivre à crédit

Attention, il faut bien lire le titre qui dit « vivre à crédit » et non pas « faire un crédit ». Parfois, ça peut être intéressant de faire un crédit. Par exemple, pour acheter une maison quand on sait qu'elle va doubler de valeur en dix ans. Ou pour faire des études dans un secteur en plein essor où les salaires sont le triple de ce qu'on gagne.

Mais vivre à crédit, ça n'a rien à voir. Vivre à crédit, c'est acheter des choses qui vont disparaître très vite (vacances, sorties, nourriture) avec de l'argent qu'on ne gagnera jamais. Une fois passées, ces choses éphémères ne reviennent plus. Mais le crédit, lui, il est là pour rester. Parfois, beaucoup plus longtemps qu'on ne le voudrait (voir l'article sur le crédit permanent).

Conclusion : on doit payer les dépenses fixes avec les recettes fixes, un point, c'est tout. Payer les dépenses fixes avec un crédit, c'est du suicide budgétaire !

4. On ne doit jamais dépenser ce qu'on n'a pas encore gagné


Dans l'article sur les catégories de dépenses, on a vu qu'on peut planifier un achat. Par exemple des vacances à Cuba, en utilisant l'enveloppe « recettes planifiées » qu'on remplit mois après mois (avec les dividendes des actions de Tonton Gaston). Mais il ne faut jamais faire l'achat avant d'avoir réellement les sous en main !!! Prenons un exemple extrême, où le verbe « gagné » est pris au sens propre.

Depuis plus de trente ans, un monsieur joue chaque semaine au Lotto. Il ne mise pas bien gros et ne gagne jamais rien. Mais comme il a bien écouté le slogan qui dit que « 100 % des gagnants ont tenté leur chance », le monsieur ne se décourage pas.

Et puis un beau jour, paf ! En vérifiant les chiffres au tirage du  mercredi soir à la télé, le monsieur se rend compte qu'il a joué les 6 numéros gagnants. Ça ne pouvait pas mieux tomber ! Car le monsieur n'a pas un balle de côté, pas mal de dettes et des tas d'envies à satisfaire : acheter une Ferrari Testarossa, faire une croisière de luxe sur le Nil, s'offrir un dîner gastronomique au Comme Chez Soi et s'acheter une Rolex en or massif.

Le monsieur passe de la stupeur à la folie en trois dixièmes de seconde top chrono. Dès le lendemain, il file réserver sa croisière, fait un crochet par le joaillier du coin et téléphone au Comme chez Soi pour réserver une table de douze personnes (sa famille au grand complet). Chez Ferrari, mauvaise nouvelle : « Hélas, Cher Monsieur, la Testarossa F512M n'a été produite qu'en 500 exemplaires et cela fait bien longtemps qu'on n'en trouve plus qu'au compte-goutte, à minimum x millions d'euros ».

Du coup, un début d'angoisse prend soudain le monsieur à la gorge. « Mais combien j'ai gagné, au fait ? »

Il appelle la Loterie Nationale et là, c'est la douche glacée : le tirage a été annulé « pour vice de procédure ».

Au final, le monsieur s'en sort avec une grosse engueulade chez le joaillier et au restaurant. À l'agence de voyage, on lui retient une indemnité d'annulation de 2,5 % sur le total de la croisière à 10.000 €. Soit 250 € (qu'il n'a pas, et qu'il paie donc à crédit avec sa carte Machin Truc).

« Mais quel crétin ! Jamais je ne ferais un truc pareil », que vous allez me dire. Sans doute, mais que celui qui n'a jamais acheté une petite folie en se disant « pas grave, je touche demain » lui jette la première pierre...

En parlant de demain, passons à la dernière règle du bon budget - qui n'est pas la moins importante :

5. On ne doit jamais remettre à demain ce qu'on doit payer le jour-même
 

Un vieux dicton populaire dit : « qui paie ses dettes, s'enrichit ». Ça peut paraître paradoxal : comment est-il possible de devenir plus riche avec moins d'argent ?! L'explication est pourtant très simple : qui dit « dette » dit « intérêts ».

J'ai bien écrit « dette » et pas « crédit ». Une dette c'est une somme d'argent qu'on doit dans sa totalité, et tout de suite. Un crédit c'est un contrat de paiement échelonné dans le temps, selon des modalités qui ont été négociées. Ce n'est pas du tout la même chose. Dans le cas de la dette, on ne peut rien négocier : les intérêts, on les subit. Dans le cas du crédit, on sélectionne celui qui nous convient le mieux : les intérêts, on les choisit.

Bien sûr, on a toujours un peu de temps pour payer une facture (de quelques jours à un mois, en général). Mais si on tire trop sur la corde, le résultat ne traîne pas : lettres d'huissier, pénalités, saisies, etc.

Dans le cas du crédit, on tire aussi sur la corde - la différence, c'est qu'on a accepté de payer pour pouvoir le faire. C'est le principe des intérêts, c'est-à-dire une compensation qu'on verse à la personne qui nous rend le service de nous prêter de l'argent.

Alors c'est super, de pouvoir s'offrir les services de quelqu'un. Mais c'est en général assez cher. Il faut en avoir les moyens. Tout le monde n'a pas la possibilité de vivre dans le luxe, avec chauffeur, personnel de maison et coach privé. Pour le crédit, c'est pareil. C'est réservé à ceux qui en ont les moyens.

Par contre les dettes, c'est comme une vilaine coupure. Ça peut s'infecter en un rien de temps et devenir vraiment très grave. Prenons un exemple :

Un jeune homme fraîchement sorti de l'école quitte ses parents et s'installe dans un studio. Il trouve un job sympa avec un petit salaire : tout juste le double de ce qu'il recevait comme argent de poche quand il était étudiant. Pour lui, c'est la fortune. Il commence par s'acheter un lecteur de DVD, puis la saison deux de la série « Les exterminateurs » et enfin un I-Phone flambant neuf. À la fin du mois, il lui reste 5 € sur son compte. Il se dit : « pas de problème, je suis dans le vert : c'est vraiment génial l'indépendance ! » Oui, mais le lendemain, la facture de son forfait « téléphone - TV digitale - Internet » arrive : 89 € ! Aïe... Ce n'était pas prévu au programme. Le jeune homme décide de payer quand il aura un peu renfloué sa caisse. Il met la facture sur une pile au-dessus du frigo et il l'oublie au bout de deux jours. Mais le fournisseur d'accès, lui, ne l'oublie pas. Après quelques semaines et de nombreux rappels, la facture se retrouve au service contentieux. Et là, ça ne rigole plus du tout. Les 89 € ont gonflé à 250 €, intérêts et pénalités compris. Le jeune homme a 24 heures pour payer, lui annonce l'huissier. Sinon, c'est la saisie sur salaire.

Galère ? Non, pas si on a un bon budget et qu'on le suit régulièrement !

Je rappelle donc les cinq règles d'or d'un bon budget :

 
1. On ne doit pas tout dépenser
2. On ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens
3. On ne doit jamais vivre à crédit
4. On ne doit jamais dépenser ce qu'on n'a pas encore gagné
5. On ne doit jamais remettre à demain ce qu'on doit payer le jour-même

Pour la suite, on va voir les principaux ennemis qui menacent un bon budget. En commençant par le pire de tous : le « crédit permanent ».

Wonder Lisette

Abracad'Argent : gérer son budget / Mise en place

[05-01-2010] : Article Gérer son budget - La Mise en place (Rapatrié depuis Overblog)

Dans les articles précédents, nous avons vu comment préparer un budget et créer les bonnes catégories de dépenses et de recettes.

À partir de là, on peut commencer le travail. La toute première chose à faire, c'est de

1. Rassembler les chiffres

C'est le moment de vérité. Certaines personnes sont très ordonnées. D'autres pas du tout. Si votre méthode de classement c'est « bourrer la paperasse dans le tiroir du bas », l'étape « rassemblement » risque d'être assez pénible. Si par contre vous avez déjà tout bon : les extraits de compte bien classés du plus ancien au plus récent, les factures dans des dossiers bien étiquetés et les fiches de paie en ordre, ça ira très vite.

Quand on a les montants reçus et dépensés sur une année, on remplit les cases du tableau. Ensuite, roulement de tambour, on peut enfin prendre le taureau par les cornes...

2. Analyser les chiffres

Si tout a été noté dans les règles de l'art - les totaux négatifs en rouge et les totaux positifs en vert - on voit très vite si ça va ou si ça ne va pas.

Un petit exemple très simplifié :

  Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Aout Sep. Oct. Nov. Déc. TOTAL 
Loyer 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 950 € 11.400 €
Courses 552 € 603 € 598 € 563 € 587 € 624 € 749 € 598 € 613 € 562 € 586 € 599 € 7.234 €
Voiture 314 € 329 € 321 € 309 € 465 € 312 € 568 € 305 € 318 € 331 € 482 € 356 € 4410 €
Dépenses
1.816 € 1.882 € 1.869 € 1.822 € 2.002 € 1.886 € 2.267 € 1.853 € 1.881 € 1.843 € 2.018 € 1.905 € 23.044 €
                           
Recettes 1.950 € 1.950 € 1.950 € 1.950 € 1.950 € 1.950 € 2.848 € 1.950 € 1.950 € 1.950 € 1.950 € 2.448 € 24.796 €
                           
TOTAL 134 € 68 € 81 € 128 € - 52 € 64 € 581 € 97 € 69 € 69 € - 68 € 543 € 1.752 €
 
Voilà un bon budget. Il y a bien deux petits couacs en mai et en novembre, mais au total les choses s'équilibrent. Le budget est globalement dans le vert. On a dépensé moins qu'on a gagné : tout baigne.


Autre exemple :
 
  Jan. Fév. Mar. Avr. Mai Juin Juil. Aou. Sep. Oct. Nov. Déc. TOTAL
Loyer 1.160 € 1.202 € 1.202 € 1.202 € 1.202 € 1.202 € 0 € 2.404 € 1.250 € 1.202 € 1.202 € 1.202 € 14.430 €
Courses 813 € 609 € 726 € 599 € 654 € 789 € 1.321 € 632 € 758 € 697 € 646 € 1.682 € 9.926 €
Voiture 425 € 416 € 423 € 429 € 659 € 430 € 612 € 431 € 435 € 429 € 662 € 426 € 5.777 €
Dépenses
2.398 € 2.227 € 2.351 € 2.230 € 2.515 € 2.421 € 1.933 € 3.467 € 2.443 € 2.328 € 2.510 € 3.310 € 30.133 €
                           
Recettes 2.380 € 2.380 € 2.380 € 2.380 € 2.380 € 2.380 € 3.024 € 2.380 € 2.380 € 2.380 € 2.380 € 2.886 € 29.710 €
                           
TOTAL -18 € 153 € 29 € 150 € -135 € -41 € 1.091 € -1.087 € -63 € -63 € -130 € -424 € -423 €
 
Là, c'est pas bon. Huit mois sur douze, on est dans le rouge. Et au total, on dépense plus qu'on ne gagne (déficit de 423 € à la fin de l'année). C'est le budget typique d'une personne qui vit à crédit, avec un découvert bancaire quasi permanent. Comme de toute façon le compte est toujours en négatif à la banque (sauf les 3 premiers jours du mois), on ne voit jamais si on est dans le vert ou pas. Résultat : on s'enfonce.

On voit aussi ce qui se passe quand on « oublie » de payer une facture. En juillet, il y a écrit « 0 € » dans la case « loyer ». Ça peut donner l'impression (temporaire) qu'on est finalement plutôt à l'aise. Le total de juillet est donc tout à fait dans le vert, et on en profite pour dépenser plein de sous en vacances (le budget courses va pratiquement doubler ce mois-là). Mais oups ! Pendant qu'on était à la plage, le propriétaire a téléphoné à l'huissier ! Il faudra payer non pas un mais DEUX loyers au retour des vacances Avec en prime des pénalités le mois suivant (courriers recommandés, etc.).
Ce qu'il faut faire, dans ce cas ?
 
3. Faire des enveloppes

Au départ - bien avant Bill Gates, Apple et l'Open Source - gérer l'argent était une activité très basique. On n'avait ni carte de banque ni distributeur de billets. On payait tout en liquide et les ménagères avaient toutes un porte-monnaie compartimenté. Les pièces d'un franc d'un côté, celles de dix francs de l'autre.

C'était l'époque des « enveloppes » dans lesquelles on glissait un billet en début de mois. Une enveloppe pour le loyer, une pour la nourriture, une pour le docteur, etc. Quand l'enveloppe était vide c'était très simple : on arrêtait de dépenser. On pouvait à la rigueur demander un « compte » chez le boucher. Mais si on ne réglait pas l'ardoise à la fin de la semaine, on risquait de se retrouver sur son billot...

La méthode des enveloppes est la seule qui soit efficace. Toutes les autres techniques, dont celle qui consiste à vivre à crédit, c'est du n'importe quoi.

Bon, bien sûr, il faut vivre avec son temps. De nos jours, l'argent est « électronique ». Ce n'est pas possible de mettre un écran d'ordinateur dans une enveloppe ! On fait donc des enveloppes « virtuelles » dans un tableau.

Mais comment ?

C'est l'enfance de l'art. On prend le total dépensé sur une année dans une catégorie. Exemple : 9.926 € de courses. On divise par douze. Ce qui donne 827,17 €. Glups ! On est loin des 150 € de l'article sur les « catégories de dépenses »... Mais c'est exactement ce qu'on doit prévoir, si on veut s'en sortir. Il faudra donc indiquer 830 € par mois pour les courses dans le budget de 2010.

On peut aussi décider que c'est beaucoup trop. C'est la dernière phase de la mise en place

4. Optimiser le budget

Maintenant qu'on sait ce qu'on gagne, ce qu'on dépense et surtout à quoi on dépense, ça devient très simple de prendre des mesures. Ça ne veut pas forcément dire qu'on va se priver de tout. Mais comme on tient toujours plus à certaines choses qu'à d'autres, on va faire des choix. Et on va essayer de s'y tenir.

Exemple :

On fait les courses tous les jours dans une grande surface en rentrant du travail. On se laisse bien sûr avoir à chaque fois en arrivant dans le magasin : ils ont mis le rayon « DVD » juste à l'entrée. Ben tiens !  Résultat, on achète régulièrement une promo à 9,99 €. Et comme on a un peu la flemme, pour manger on achète en général des surgelés en barquette à réchauffer au micro-onde.

Au final, c'est « bardaff, c'est l'embardée ! », comme le disait notre regretté Manu Thoreau.

On va donc supprimer les DVDs mais on reste aux barquettes (parce que faire à bouffer, vraiment, c'est la galère).

Autre solution : on tient vraiment aux DVDs et on se dit qu'on va se secouer les puces et acheter des légumes pour faire une bonne soupe bien nourrissante (qu'on peut manger devant la télé tout pareil). OK, on n'aura plus la totale. Mais on garde ce qu'on préfère. C'est ce qui compte, non ?

Récapitulatif de la mise en place d'un bon budget :

1. Rassembler les chiffres
2. Analyser les chiffres
3. Faire des enveloppes
4. Optimiser le budget


Allez, au boulot !

Wonder Lisette

mardi 12 octobre 2010

Il faut sauver le terrier du Rinart - Game Over

Me voici au bout d'une longue aventure. Je vais essayer d'expliquer ce qui m'arrive simplement, avec beaucoup d'images pour bien me faire comprendre.

Mais d'abord je dois dire quelque chose d'important : ma maison c'est toute ma vie. J'ai pris une dette sur 30 ans pour l'acheter. Et j'ai sacrifié tout ce que j'avais pour la garder coûte que coûte, malgré toutes les tempêtes que j'ai subies : divorces, décès, chômages et départs. Aujourd'hui je la perds et avec elle ce sont tous mes rêves qui tombent en poussière.

Petit flash-back en images : nous sommes en juillet 2002.


Le truc dévasté, c'est la propriété de mon voisin qui est collée à la mienne. Il a tout laissé à l'abandon et finalement ça s'est effondré, faute d'entretien. Il n'est même pas assuré en responsabilité civile.

Suite de la visite en image : le petit point rouge en bas à droite c'est l'angle de ma chambre à coucher. Quand je dis que c'est collé, je ne plaisante pas.




En juin de cette année, j'ai reçu la réponse finale de ma Commune à ma demande d'intervention urgente de juillet 2002. Je les cite : « En effet, lors de sa visite des lieux, ce 14/06/2010, notre Agent technique a constaté que l'immeuble sis Rue [...] est en ruine totale mais ne menace, cependant, ni le domaine public ni votre propriété ». Et un peu plus loin dans la lettre, ils ajoutent : «  Dès lors, si vous n'êtes pas d'accord avec nos constatations, nous vous invitons à contacter un expert en stabilité ». Et c'est signé par le secrétaire communal et le bourgmestre faisant fonction.

Il faut dire qu'ils doivent avoir raison. Je reconnais que pendant plus de huit ans j'ai vécu avec ceci à l'Est : 




Et ça au Sud :



Et que malgré les infiltrations, la pourriture et les briques volantes, je suis toujours en vie.

Et comme l'espoir fait vivre, j'ai donc continué mes efforts et mis tous mes revenus dans mon projet de restauration (et dans le paiement des assurances, des taxes et des impôts communaux... )

Et puis, en septembre 2010, l'échevin de la Commune change le règlement en matière de prévention des incendies. « Il faut garantir la sécurité », qu'il dit. Ben ouais, ça c'est sûr que la sécurité des gens dans ma commune c'est drôlement prioritaire. Je suis bien placée pour le savoir.

Pour la petite histoire, voici le résumé des nouvelles normes applicables dès tout de suite (sauf pour les immeubles sociaux de la Commune, bien évidemment) :

  • Isolation complète des appartements les uns par rapport aux autres par des cloisons coupe-feu.
  • Portes coupe-feu à tous les étages.
  • Éclairage de sécurité dans les lieux communs (escaliers).
  • Extincteurs sur les paliers.
  • Exutoire de fumée sur le toit.
  • Réseau électrique et gaz répondant aux dernières normes en vigueur.
  • Si un commerce est présent, il doit être totalement isolé du reste de la maison. Fini donc les portes d'accès aux parties privées, par exemple.
  • Présence d'un système d'alarme incendie.
  • Etc ...
Anguis in Herba,  sur son blog, analyse en profondeur la situation (post du 4 septembre 2010).

Et comme il faut toujours donner les deux versions, quand on est journaliste, l'interview de l'échevin par le groupe de presse Vers l'Avenir se trouve ici : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39010461

Mais pour moi, ça veut dire quoi ? En fait, c'est très simple. Ça veut dire que je vais devoir démolir ceci :



Et aussi ceci :



Et ceci :



Ou encore ça :



Pour mettre ceci à la place :




Et ça veut aussi dire que la facture de cette mise aux normes très urgente (dans les 90 jours) est totalement impayable pour moi. Je n'ai pas 50.000 € d'argent de poche trimestriel. Il me faut des années pour gagner ça, à la sueur de mon front. Et ma banque ne me prêtera pas un sou de plus, vu ce qui reste de mon salaire après taxes et impôts.

Ceux qui jouent au Monopoly avec leurs lardons m'auront comprise : j'ai perdu, la Commune a gagné. Game Over. C'est la faillite.

Je n'ai plus d'argent. Je n'ai plus de solution. Et finalement, je n'ai plus trop de courage non plus, à la fin.

La seule chose qui me reste, c'est un IMMENSE sentiment d'injustice. Que personne ne va réparer, faut pas se faire la moindre illusion.

Rinart, aka Wonder Lisette les bras baissés.