[10-01-2010] Les ennemis du Budget : 1. Le crédit Permanent (article rapatrié depuis Overblog).
Le budget établi, on n'est pas encore sorti de l'auberge. Ce serait trop beau, tous ces gentils chiffres sagement parqués dans leurs petites cases comme des moutons blancs. Le hic, c'est qu'il y a toujours un vilain méchant loup qui rôde à la recherche d'un bon casse-croûte !
Le budget, comme un petit agneau, a des ennemis naturels et redoutables. Mieux vaut les connaître avant de mettre les opérations en pilote automatique. Sinon à quoi ça servirait de faire autant d'efforts ?
Passons au premier croque-budget, une sale bête nommée « crédit permanent » (ou « revolving credit », en anglais).
« Oh ? C'est pas permanent, un crédit ?! »
que vous allez demander naïvement. Ben non, à la base un crédit ce n'est pas permanent. C'est même le principe de base d'un crédit, en fait -> les sous qu'on reçoit en prêt, c'est toujours pour une période limitée dans le temps. Ça, évidemment, c'était avant. Et avant, c'était quand même vachement mieux que maintenant, si vous voulez mon avis. 
Un jour, un financier tordu et très malin a eu une idée lumineuse : « Et pourquoi ne pas prêter de l'argent qui n'existe pas ? Comme ça, j'encaisse les intérêts même si je n'ai pas un rond dans ma tire-lire pour prêter à mes clients. » Et voilà notre grand fada qui met son idée lumineuse à exécution. Au lieu de prêter des sous en vrai, il prête des cartes en plastique à des gens qui passent et il leur dit : « Allez-y, les gars, dépensez ! Vous paierez avec la carte. Pas besoin de me rendre le pognon, je me contenterai de la petite monnaie* ».
*Et d'un TAEG variable. Les gens se disent : « Ben mince ! Trop chouette le système : je peux rembourser que ce que je veux, quand est-ce que je veux ! » Mais ce qu'ils ne comprennent pas, les gens, c'est qu'ils viennent d'inviter la Peste Bubonique dans leur budget. Parce que la carte en plastique, en fait, c'est une dette déguisée en carte. Et les dettes, je l'ai déjà dit, c'est de la gangrène budgétaire.
Que je vous explique comment ça marche vraiment. Et pourquoi c'est vraiment très dangereux (genre virus Ebola).
Le crédit permanent, c'est en réalité une « ouverture de crédit » permanente. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on crée une case « dette ouverte » dans son budget. En soi, ce ne serait pas trop grave si on savait pour combien de temps et d'argent on en va en avoir. Mais c'est là que l'ouverture de crédit est mortelle : il n'y a aucun délai de précisé dans le contrat. Pour le montant, c'est très simple : le contrat se contente de prévoir un maximum (la réserve). L'ouverture de crédit reste donc ouverte pour toujours. C'est une dette immortelle.
Or tout le temps que la dette est en vie (c'est-à-dire tout le temps qu'on utilise son ouverture de crédit), elle fait des petits. Et ces petits, ils sont vraiment tout petits. Si petits qu'il faut en général un microscope pour les voir !!! Les petits, ce sont les intérêts et on les appelle T.A.E.G.
« T.A. euh... QUOI ? »
, que vous allez couiner. T.A.E.G., à savoir Taux Annuel Effectif Global. « Taux... HEING ?! » 
, que vous répondrez. Minute, j'explique. 
Taux annuel = le pourcentage d'intérêts qu'on doit payer par an pour avoir emprunté les sous. Comme son nom ne l'indique pas, ce pourcentage annuel doit être remboursé chaque mois. C'est donc une somme d'argent qui s'ajoute tous les mois au trou de la dette déjà existante.
Effectif = qui correspond à quelque chose de réel, de stable. Normalement, le taux d'intérêt devrait toujours être calculé de la même façon. Mais les calculs utilisés sont tellement compliqués qu'en réalité ça change tout le temps. Ça change d'autant plus souvent que le taux d'intérêt n'arrête pas de changer lui aussi.
Global = qui comprend tout (c'est-à-dire, tous les frais). Théoriquement, les seuls frais liés à une ouverture de crédit permanente devraient être compris dans le T.A.E.G. Dans la réalité, beaucoup de contrats comportent encore des frais d'assurance, des frais pour la carte, des frais de dépassement de la limite de crédit, etc. Donc, c'est une grosse arnaque.
Je prends un exemple pour bien me faire comprendre.
Une jeune femme de 27 ans a demandé une carte Visa à sa banque pour ne pas devoir prendre d'euro-chèques en vacances. En plus de la carte, le banquier a proposé un contrat de « revolving credit » car « en cas de grosse dépense imprévue, vous n'aurez pas besoin de rembourser tout à Visa à la fin du mois. Vous mettrez un petit peu tous les mois, ce qui est beaucoup plus facile », qu'il a dit comme ça, le banquier.
La jeune femme sort de la banque toute contente et elle part en vacances. Avec le soleil et la chaleur, elle se dit : « Ah ! Vacances ! J'oublie tout... » De retour à la maison, l'atterrissage est un peu brutal. Le relevé de la carte Visa dit : 1.900 €. C'est deux fois plus que le budget vacances qui avait été prévu. Évidemment, il y a eu les soldes en juillet et vu les prix, la jeune femme a fait de très belles affaires. Seulement maintenant, il faut rembourser. Mais comment ? La jeune femme se dit que ce n'est pas grave : il y a le « revolving credit ». Elle paiera tout ça en trois ou quatre fois et ça ira très bien.
Mais en octobre, pas de chance : la voiture tombe en panne. C'est la boîte de vitesse : 1.600 €. La jeune femme - qui avait remboursé 3 x 100 € depuis juillet - se retrouve avec une dette de 3.200 €. Novembre passe et les fêtes arrivent. Puisque la dette n'est pas trop difficile à rembourser (honnêtement, 100 € par mois, ce n'est pas grand-chose), la jeune femme achète quelques petites folies pour mettre au pied du sapin et elle s'offre une belle robe longue pour le Réveillon.
En février, la limite du crédit (3.500 €) est largement dépassée. 900 € dépensés en janvier, ajoutés aux 3.000 € toujours dus en décembre, ça fait 3.900 €. Et là, ce n'est plus 100 € qu'elle doit payer, c'est 350 €, plus 30 € d'intérêts et 12,50 € de prime d'assurance « solde restant dû ». Total : 392,5 €.
Qui aurait pu prévoir ça en juillet ?!
Mais il y a bien pire. Si le taux d'intérêt n'arrête pas de changer, le pourcentage qui sert à calculer la mensualité automatique, lui, est fixe. Kézako ?
En fait, dans le contrat, il a été décidé que la jeune femme devait rembourser au minimum 5 % de sa dette. Ce qui veut dire qu'au fur et à mesure qu'elle rembourse, la mensualité automatique diminue ! Dans notre exemple : 195 € le premier mois, puis 187 €, puis 179 €, etc.
« Ben où est le problème ? »
que vous allez demander. Le problème, c'est que c'est un système totalement débile dans son cas. D'abord parce que ça va lui prendre un temps fou de rembourser sa dette, si elle ne paie pas plus que la mensualité automatique. Ensuite parce que ça rend le remboursement de sa dette IMPOSSIBLE si elle continue de dépenser. Mais pour la banque, ce n'est pas débile DU TOUT. Parce que pendant ce temps, les intérêts, eux, ils continuent de courir... Et si le taux d'intérêt augmente subitement, je vous raconte pas le cauchemar. 
Je n'irai pas plus loin pour l'instant. On reparlera du « revolving credit » dans la série d'articles sur le surendettement. Pour le moment, il faut juste retenir le seul point positif d'un crédit permanent : c'est quand on le supprime. Sur son blogue finir-riche, Val (une française qui vit à Montréal) explique comment ça se passe au Canada. Comme pour la France, des lois sont en train d'être passées pour protéger le consommateur. En Belgique, comme d'habitude, on se préoccupe davantage de problèmes qui n'en sont pas. Aucun projet de loi à l'horizon pour l'instant chez nous. Il faudra se débrouiller seul pour s'en sortir...
On peut passer à l'ennemi budgétaire n° 2 : « le découvert bancaire ».
Wonder Lisette.
Le budget établi, on n'est pas encore sorti de l'auberge. Ce serait trop beau, tous ces gentils chiffres sagement parqués dans leurs petites cases comme des moutons blancs. Le hic, c'est qu'il y a toujours un vilain méchant loup qui rôde à la recherche d'un bon casse-croûte !
Le budget, comme un petit agneau, a des ennemis naturels et redoutables. Mieux vaut les connaître avant de mettre les opérations en pilote automatique. Sinon à quoi ça servirait de faire autant d'efforts ?
Passons au premier croque-budget, une sale bête nommée « crédit permanent » (ou « revolving credit », en anglais).
« Oh ? C'est pas permanent, un crédit ?! »
Un jour, un financier tordu et très malin a eu une idée lumineuse : « Et pourquoi ne pas prêter de l'argent qui n'existe pas ? Comme ça, j'encaisse les intérêts même si je n'ai pas un rond dans ma tire-lire pour prêter à mes clients. » Et voilà notre grand fada qui met son idée lumineuse à exécution. Au lieu de prêter des sous en vrai, il prête des cartes en plastique à des gens qui passent et il leur dit : « Allez-y, les gars, dépensez ! Vous paierez avec la carte. Pas besoin de me rendre le pognon, je me contenterai de la petite monnaie* ».
Que je vous explique comment ça marche vraiment. Et pourquoi c'est vraiment très dangereux (genre virus Ebola).
Le crédit permanent, c'est en réalité une « ouverture de crédit » permanente. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on crée une case « dette ouverte » dans son budget. En soi, ce ne serait pas trop grave si on savait pour combien de temps et d'argent on en va en avoir. Mais c'est là que l'ouverture de crédit est mortelle : il n'y a aucun délai de précisé dans le contrat. Pour le montant, c'est très simple : le contrat se contente de prévoir un maximum (la réserve). L'ouverture de crédit reste donc ouverte pour toujours. C'est une dette immortelle.
Or tout le temps que la dette est en vie (c'est-à-dire tout le temps qu'on utilise son ouverture de crédit), elle fait des petits. Et ces petits, ils sont vraiment tout petits. Si petits qu'il faut en général un microscope pour les voir !!! Les petits, ce sont les intérêts et on les appelle T.A.E.G.
« T.A. euh... QUOI ? »
Taux annuel = le pourcentage d'intérêts qu'on doit payer par an pour avoir emprunté les sous. Comme son nom ne l'indique pas, ce pourcentage annuel doit être remboursé chaque mois. C'est donc une somme d'argent qui s'ajoute tous les mois au trou de la dette déjà existante.
Effectif = qui correspond à quelque chose de réel, de stable. Normalement, le taux d'intérêt devrait toujours être calculé de la même façon. Mais les calculs utilisés sont tellement compliqués qu'en réalité ça change tout le temps. Ça change d'autant plus souvent que le taux d'intérêt n'arrête pas de changer lui aussi.
Global = qui comprend tout (c'est-à-dire, tous les frais). Théoriquement, les seuls frais liés à une ouverture de crédit permanente devraient être compris dans le T.A.E.G. Dans la réalité, beaucoup de contrats comportent encore des frais d'assurance, des frais pour la carte, des frais de dépassement de la limite de crédit, etc. Donc, c'est une grosse arnaque.
Je prends un exemple pour bien me faire comprendre.
Une jeune femme de 27 ans a demandé une carte Visa à sa banque pour ne pas devoir prendre d'euro-chèques en vacances. En plus de la carte, le banquier a proposé un contrat de « revolving credit » car « en cas de grosse dépense imprévue, vous n'aurez pas besoin de rembourser tout à Visa à la fin du mois. Vous mettrez un petit peu tous les mois, ce qui est beaucoup plus facile », qu'il a dit comme ça, le banquier.
La jeune femme sort de la banque toute contente et elle part en vacances. Avec le soleil et la chaleur, elle se dit : « Ah ! Vacances ! J'oublie tout... » De retour à la maison, l'atterrissage est un peu brutal. Le relevé de la carte Visa dit : 1.900 €. C'est deux fois plus que le budget vacances qui avait été prévu. Évidemment, il y a eu les soldes en juillet et vu les prix, la jeune femme a fait de très belles affaires. Seulement maintenant, il faut rembourser. Mais comment ? La jeune femme se dit que ce n'est pas grave : il y a le « revolving credit ». Elle paiera tout ça en trois ou quatre fois et ça ira très bien.
Mais en octobre, pas de chance : la voiture tombe en panne. C'est la boîte de vitesse : 1.600 €. La jeune femme - qui avait remboursé 3 x 100 € depuis juillet - se retrouve avec une dette de 3.200 €. Novembre passe et les fêtes arrivent. Puisque la dette n'est pas trop difficile à rembourser (honnêtement, 100 € par mois, ce n'est pas grand-chose), la jeune femme achète quelques petites folies pour mettre au pied du sapin et elle s'offre une belle robe longue pour le Réveillon.
En février, la limite du crédit (3.500 €) est largement dépassée. 900 € dépensés en janvier, ajoutés aux 3.000 € toujours dus en décembre, ça fait 3.900 €. Et là, ce n'est plus 100 € qu'elle doit payer, c'est 350 €, plus 30 € d'intérêts et 12,50 € de prime d'assurance « solde restant dû ». Total : 392,5 €.
Mais il y a bien pire. Si le taux d'intérêt n'arrête pas de changer, le pourcentage qui sert à calculer la mensualité automatique, lui, est fixe. Kézako ?
En fait, dans le contrat, il a été décidé que la jeune femme devait rembourser au minimum 5 % de sa dette. Ce qui veut dire qu'au fur et à mesure qu'elle rembourse, la mensualité automatique diminue ! Dans notre exemple : 195 € le premier mois, puis 187 €, puis 179 €, etc.
« Ben où est le problème ? »
Je n'irai pas plus loin pour l'instant. On reparlera du « revolving credit » dans la série d'articles sur le surendettement. Pour le moment, il faut juste retenir le seul point positif d'un crédit permanent : c'est quand on le supprime. Sur son blogue finir-riche, Val (une française qui vit à Montréal) explique comment ça se passe au Canada. Comme pour la France, des lois sont en train d'être passées pour protéger le consommateur. En Belgique, comme d'habitude, on se préoccupe davantage de problèmes qui n'en sont pas. Aucun projet de loi à l'horizon pour l'instant chez nous. Il faudra se débrouiller seul pour s'en sortir...
On peut passer à l'ennemi budgétaire n° 2 : « le découvert bancaire ».
Wonder Lisette.






