mardi 19 avril 2011

La Tapisserie de Bayeux - Introduction

La Tapisserie de Bayeux

I. Introduction

Installée confortablement dans mon grand lit, le dos calé par un gros coussin, le coude gauche posé sur un gros coussin et l'avant-bras droit soutenu par un gros coussin – je sais, ça fait beaucoup de coussins...- me voilà prête à un peu de gym des doigts sur le clavier du pc portable que mon chou de mari m'a posé sur les genoux tout à l'heure.

Alors voilà, commençons par le début. Récemment, grâce aux efforts conjugués de Wonder Lisette et de Bank Perfect, j'ai enfin commencé à récupérer un peu de marge de manoeuvre financière. Bien entendu, pour pas que Lisette me crie après, j'ai mis 75 % de cette marge sur un compte d'épargne pour fonds d'urgence. Mais le reste, hé, hé, je l'ai gardé pour me faire plaisir...

Et comme pour l'instant, la seule activité qui me tienne vraiment en haleine est la broderie, devinez un peu ? Ben tout à fait, les sous sont passés dans des articles en rapport avec la broderie ! Quand je dis que je me suis fait plaisir, ce n'est pas tout à fait vrai. Je considère que ces dépenses pour les « Arts du fil » (c'est le nom de la catégorie dans mon budget) sont avant tout des investissements. Raison pour laquelle je dépense plus pour ce poste que je ne le ferais pour un simple loisir, comme d'aller au cinéma ou de faire un petit jogging le dimanche.

Cela ne fait pas très longtemps que je peux fièrement investir dans ma passion et les débuts ont été assez hésitants. En partie parce que la marge de manoeuvre n'est apparue que l'hiver dernier. Et aussi parce que dans l'intervalle, la capsulite m'est tombée dessus en m'empêchant de réfléchir correctement à quoi que ce soit d'autre qu'à la douleur. Ce qui fait qu'au début, je n'ai rien acheté à part trois sessions de cours de broderie à la Manade de Collarmont (Carnières). Que j'ai suivis tant bien que mal, surtout récemment. Heureusement que mon Jones est un mari aux petits soins et qu'il s'est tapé les chemins tous les samedis, vu que je suis incapable de conduire depuis plusieurs mois.

Puis j'ai commencé à prendre de la morphine et de la cortisone et petit à petit j'ai retrouvé un peu de concentration mentale. En épluchant les excellents blogs de Racaire et de Mary Corbet, mais aussi en discutant avec Dame Sitelle, je me suis décidée pour un type de broderie qui m'attire depuis longtemps : la broderie médiévale. Et tant qu'à explorer le sujet, plutôt que de faire dans le chronologique, j'ai pensé qu'il serait plus facile pour moi de partir d'un élément très connu. Vu que je suis coincée chez moi, c'est plus simple si j'ai accès à des sources sur Internet.

C'est ainsi que j'ai choisi la Tapisserie de Bayeux. J'ai commencé par visiter le site du Musée de la Tapisserie, puis j'ai fait quelques recherches sur le web et j'ai acheté deux livres : La Tapisserie de Bayeux, de David M. Wilson (aux éditions Flammarion) et La Broderie Viking, de Marie Catherine Nobécourt (aux éditions LTA). J'ai aussi repris mon cours d'histoire d'Angleterre de l'ULG (tous mes remerciements à Francis Ballace pour ses ex-cathedra magistraux et totalement hilarants).

Je vous raconterai la suite plus tard, sinon le billet serait trop long et ça nuirait au suspense ;)

À bientôt,

Le Rinart.

lundi 18 avril 2011

Grosse remise en question - Qui trop embrasse se zigouille l'épaule...

Bonjour tout le monde,

Je profite d'un léger mieux - à 2 grammes de codéine et de morphine par jour, ce serait un comble que ça empire...- pour passer sur le blog du Rinart.

Comme je l'écrivais il y a quelques jours, une saleté de capsulite m'a stoppée NET (BLAM !) dans mon élan. Je suis enfermée depuis mars à peu près. C'est dire si j'ai le temps de penser, de repenser, de ressasser et de déprimer. Mais comme je n'ai pas le naturel triste, c'est surtout à ronger mon frein que je passe mes journées.

Vu tout ce que je vois autour de moi, des péripéties financières mondiales à la catastrophe au Japon, en passant par les affolés du bocal au gouvernement - qui ne sont toujours pas foutus d'en former un, de gouvernement... -  j'ai de quoi m'énerver. En passant, pour les lecteurs et lectrices d'Abracad'Argent, un petit conseil de Wonder Lisette : REMBOURSEZ AU PLUS VITE !!! D'ici quelques semaines, l'hyper-inflation va nous heurter de plein fouet. Les premiers frémissements sont déjà là. Le crédit revolving, pour les malheureux qui en ont, va se transformer en zombie assoiffé de fric très bientôt. Avec des intérêts à du minimum 25 % juste derrière. En clair, ça va saigner pour les endettés...

Mais comme disait ma grand-mère : "A quelque chose, malheur est bon". Je suis bien d'accord avec elle. Donc cet arrêt de travail radical et très soudain m'a au moins apporté une chose positive : du temps. Évidemment, je ne peux pas en faire tout ce que je voudrais, de ce temps. La limitation de mes mouvements est telle que les options sont forcément très réduites. Dès que je bouge un peu trop, ou trop vite, la douleur me rappelle que je dois rester bien tranquille. Heureusement, pas besoin de bouger pour faire fonctionner son cerveau : ça marche aussi quand on est couché. Quelle merveille, le cerveau ;)

Et du coup, j'ai saisi cette magnifique occasion pour faire le bilan de ma situation. Comme je suis d'un naturel combatif, j'ai plutôt tendance à regarder d'abord mes acquis. Après tout ce qui m'est arrivé depuis 15 ans, il y a de quoi être fière. Mais dans l'absolu, il reste encore des tas de points très problématiques. Plus spécialement à long terme. La capsulite n'est pas arrivée toute seule : si je n'avais pas largement dépassé mes propres limites, je n'en serais pas là... Car qui trop embrasse de problèmes et de responsabilités à la fois finit toujours par se zigouiller la santé. J'en fais la rude expérience pour l'instant.
Alors quoi ?

Ben globalement : alors rien. J'attends que ça passe. Quand j'irai mieux, je ferai en sorte que ça ne recommence pas avec mon épaule droite.

Ma vie, après la capsulite, ne sera plus jamais la même. J'ai compris que je ne suis pas une Super-Woman et que je dois prendre soin de moi comme je prends soin des autres. Et SURTOUT que je dois laisser les autres prendre soin de moi comme je prends soin d'eux. Solide leçon.

J'ai aussi pris la décision, maintenant que j'ai atteint tous les objectifs que ma Maman voulait que j'atteigne, d'essayer de réaliser mes rêves pour changer. J'ai mis de côté  mes besoins artistiques ces dernières années pour gérer mon chantier de rénovation et me consacrer à mon travail. C'était une erreur très grave. Sans possibilité de créer, je meurs à petit feu. Mon travail peut se passer de moi : la preuve, je suis remplacée pendant toute la durée de mon arrêt pour maladie. Et mon chantier n'a pas été plus vite en m'estropiant à la tâche : tout est à l'arrêt depuis un an et ce n'est pas moi qui le finirai. Il est temps que je remette l'art au centre de mes priorités. Écrire, broder, coudre, créer, prendre du temps pour Jones et moi. Voilà ce qui est vital. Voilà ce dont j'ai besoin. Tout le reste n'est que de l'accessoire.

C'est en brodant un jardin - de janvier à février, en souffrant le martyre - en souvenir de mon père que j'ai progressivement compris ça. En conclusion, voici le jardin en question :





 Le Rinart