lundi 18 avril 2011

Grosse remise en question - Qui trop embrasse se zigouille l'épaule...

Bonjour tout le monde,

Je profite d'un léger mieux - à 2 grammes de codéine et de morphine par jour, ce serait un comble que ça empire...- pour passer sur le blog du Rinart.

Comme je l'écrivais il y a quelques jours, une saleté de capsulite m'a stoppée NET (BLAM !) dans mon élan. Je suis enfermée depuis mars à peu près. C'est dire si j'ai le temps de penser, de repenser, de ressasser et de déprimer. Mais comme je n'ai pas le naturel triste, c'est surtout à ronger mon frein que je passe mes journées.

Vu tout ce que je vois autour de moi, des péripéties financières mondiales à la catastrophe au Japon, en passant par les affolés du bocal au gouvernement - qui ne sont toujours pas foutus d'en former un, de gouvernement... -  j'ai de quoi m'énerver. En passant, pour les lecteurs et lectrices d'Abracad'Argent, un petit conseil de Wonder Lisette : REMBOURSEZ AU PLUS VITE !!! D'ici quelques semaines, l'hyper-inflation va nous heurter de plein fouet. Les premiers frémissements sont déjà là. Le crédit revolving, pour les malheureux qui en ont, va se transformer en zombie assoiffé de fric très bientôt. Avec des intérêts à du minimum 25 % juste derrière. En clair, ça va saigner pour les endettés...

Mais comme disait ma grand-mère : "A quelque chose, malheur est bon". Je suis bien d'accord avec elle. Donc cet arrêt de travail radical et très soudain m'a au moins apporté une chose positive : du temps. Évidemment, je ne peux pas en faire tout ce que je voudrais, de ce temps. La limitation de mes mouvements est telle que les options sont forcément très réduites. Dès que je bouge un peu trop, ou trop vite, la douleur me rappelle que je dois rester bien tranquille. Heureusement, pas besoin de bouger pour faire fonctionner son cerveau : ça marche aussi quand on est couché. Quelle merveille, le cerveau ;)

Et du coup, j'ai saisi cette magnifique occasion pour faire le bilan de ma situation. Comme je suis d'un naturel combatif, j'ai plutôt tendance à regarder d'abord mes acquis. Après tout ce qui m'est arrivé depuis 15 ans, il y a de quoi être fière. Mais dans l'absolu, il reste encore des tas de points très problématiques. Plus spécialement à long terme. La capsulite n'est pas arrivée toute seule : si je n'avais pas largement dépassé mes propres limites, je n'en serais pas là... Car qui trop embrasse de problèmes et de responsabilités à la fois finit toujours par se zigouiller la santé. J'en fais la rude expérience pour l'instant.
Alors quoi ?

Ben globalement : alors rien. J'attends que ça passe. Quand j'irai mieux, je ferai en sorte que ça ne recommence pas avec mon épaule droite.

Ma vie, après la capsulite, ne sera plus jamais la même. J'ai compris que je ne suis pas une Super-Woman et que je dois prendre soin de moi comme je prends soin des autres. Et SURTOUT que je dois laisser les autres prendre soin de moi comme je prends soin d'eux. Solide leçon.

J'ai aussi pris la décision, maintenant que j'ai atteint tous les objectifs que ma Maman voulait que j'atteigne, d'essayer de réaliser mes rêves pour changer. J'ai mis de côté  mes besoins artistiques ces dernières années pour gérer mon chantier de rénovation et me consacrer à mon travail. C'était une erreur très grave. Sans possibilité de créer, je meurs à petit feu. Mon travail peut se passer de moi : la preuve, je suis remplacée pendant toute la durée de mon arrêt pour maladie. Et mon chantier n'a pas été plus vite en m'estropiant à la tâche : tout est à l'arrêt depuis un an et ce n'est pas moi qui le finirai. Il est temps que je remette l'art au centre de mes priorités. Écrire, broder, coudre, créer, prendre du temps pour Jones et moi. Voilà ce qui est vital. Voilà ce dont j'ai besoin. Tout le reste n'est que de l'accessoire.

C'est en brodant un jardin - de janvier à février, en souffrant le martyre - en souvenir de mon père que j'ai progressivement compris ça. En conclusion, voici le jardin en question :





 Le Rinart









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